Comment le PNR du Massif des Bauges cherche à percer les secrets de la biodiversité
Afin de guider ses actions de préservation, le Parc naturel régional du Massif des Bauges s’est doté d’une « stratégie biodiversité ». Élaboré avec un comité d’experts naturalistes, ce document fixe une priorité claire : améliorer la connaissance des espèces du territoire, tout en sensibilisant le public. Grâce aux soutiens financiers de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et du Département de la Haute-Savoie, le Parc renforce ses équipements sur le terrain : des enregistreurs de chauves-souris mais aussi une trentaine de pièges caméras supplémentaires ! Cette action vient enrichir d’autres dispositifs— tels que les études scientifiques et les outils de sensibilisation — soutenus par ailleurs par l’État et le Département de la Savoie.



Ce que les images nous ont appris : les grandes surprises du massif !
Le suivi de la faune sauvage répond à un enjeu crucial de notre stratégie : détecter la présence d’espèces particulièrement menacées ou discrètes (comme le Putois d’Europe), repérer les indices de reproduction d’espèces remarquables, et tenter d’estimer la population de Lynx boréal grâce aux tâches de son pelage, uniques à chaque individu. Véritables yeux du Parc, ces caméras restent aux aguets la nuit ou en plein hiver, lorsque les conditions climatiques et le manque de lumière rendent les observations humaines presque impossibles.
Dans le massif des Bauges, le suivi à l’aide de pièges photographiques a permis de mettre en lumière quelques découvertes majeures :
- Le grand retour du Chat forestier : les images ont prouvé qu’il a reconquis le massif et qu’il y est désormais bel et bien implanté.
- Des naissances confirmées : le lynx se reproduit dans les Bauges, avec des portées détectées en 2020 et en 2023.
- Des voyageurs téméraires : les données confirment le déplacement d’un lynx des Bauges vers la Chartreuse, démontrant sa capacité à franchir les barrières routières et topographiques.


Écouter les chauves-souris et débusquer les insectes méconnus
La stratégie biodiversité du Parc ne s’arrête pas aux grands mammifères. Les investissements récents ont permis d’élargir le spectre des recherches à des espèces plus secrètes ou oubliées. Pour cela, le Parc s’est équipé d’enregistreurs sonores de pointe capables de capter les ultrasons des chauves-souris. Pour enrichir nos inventaires, notamment lors d’animations participatives avec le grand public, du matériel d’entomologie a rejoint les sacoches des animateurs : loupes botaniques, filets à papillons, filets troubleaux pour l’eau, cages d’observation pliables et parapluies japonais. L’objectif ? Mieux connaître et protéger les insectes et arachnides dits « orphelins » car souvent délaissés, tels que les coccinelles, les punaises ou les araignées.
La grande force de ce programme réside dans son aspect collaboratif
Si l’ensemble de ces appareils sont utilisés en interne par le personnel du Parc, ils sont également prêtés via des conventions à des volontaires passionnés mais aussi des professionnels : agents de l’OFB (Office Français de la Biodiversité), agents de l’ONF (Office National des Forêts), accompagnateurs en montagne et éleveurs. Les données récoltées par ces observateurs viennent alimenter directement la base de données naturalistes du Parc afin de mieux cibler les actions de protection de la faune.

















