Cette FAQ a été conçue pour répondre aux questions que vous nous posez le plus fréquemment sur la vie, la protection et la découverte de notre territoire.
Découvrir et parcourir un Parc naturel régional est une chance qui s’accompagne de quelques règles de bon sens et de respect pour préserver cet équilibre entre activités humaines et biodiversité. Vous trouverez ici les clés pour profiter sereinement du massif tout en devenant, vous aussi, acteur de sa préservation.
1/ Comprendre le Parc et ses missions
Quelle est la différence entre un Parc naturel régional et un Parc National ?
Le Parc Naturel Régional (PNR) : le contrat de territoire
La particularité d’un PNR (comme celui du Massif des Bauges) est de réussir à faire cohabiter la protection de la nature et le développement des activités humaines (agriculture, tourisme, artisanat).
- Un engagement partagé : ce n’est pas une loi imposée d’en haut, mais un contrat volontaire appelé la Charte du Parc.
- Des partenaires solidaires : les communes, la Région, le Département et l’État signent ce contrat et s’engagent ensemble à protéger l’environnement et le patrimoine local.
Pour résumer : c’est un projet de territoire basé sur la coopération et l’engagement de chacun.
Vidéo explicative : Comprendre le rôle d’un PNR
Le Parc National : la protection d’État
Un Parc National (comme la Vanoise ou les Écrins) est créé par l’État pour protéger des espaces sauvages exceptionnels. Le directeur est nommé par le Gouvernement. Même si les maires locaux sont consultés, c’est l’État qui fixe les grandes orientations de protection.
Le Parc National se compose de deux zones :
- Le « cœur » : une zone de protection renforcée où la réglementation est très stricte (les chiens ou le bivouac y sont souvent interdits par décret). L’État en est le garant devant la communauté internationale.
- L’aire d’adhésion : la charte d’adhésion concrétise la solidarité écologique qui lie le « cœur » du parc aux territoires qui l’entourent. Ce document est conçu par les acteurs locaux, qui occupent la majorité des sièges au conseil d’administration de l’établissement public.
Ce qu’il faut retenir
- Le Parc National protège des espèces et des milieux naturels où l’humain est un simple visiteur. Le Parc Naturel Régional concilie la protection des espaces naturels, de la faune et de la flore avec le maintien d’une vie locale active. Il vise à harmoniser le respect de l’environnement avec les activités et le mode de vie authentique des habitants.
- Pas de cumul : un territoire ne peut pas être à la fois un Parc National et un Parc Naturel Régional.
Quelle est la différence entre un PNR et un Géoparc ?
Le Parc : un territoire, une charte, cinq missions
Un Parc naturel régional (PNR) est un territoire rural habité, reconnu au niveau national pour sa forte valeur patrimoniale et paysagère, qui s’organise autour d’un projet concerté de développement durable fondé sur la protection et la valorisation de son patrimoine. À la fois espaces de préservation et de vie, les PNR s’articulent autour de cinq missions principales :
- La protection et la gestion du patrimoine naturel, culturel et paysager
- L’aménagement du territoire
- Le développement social, économique et culturel
- L’accueil, l’éducation et l’information
- L’expérimentation
Les PNR dialoguent en permanence avec les élus et les partenaires locaux pour éclairer leurs décisions et construire de façon concertée l’avenir du territoire. Dépourvue de pouvoir réglementaire, l’action d’un Parc naturel régional repose avant tout sur l’information, l’animation et la sensibilisation des publics à la richesse patrimoniale de son territoire, afin d’accompagner l’évolution des comportements de ceux qui y vivent, y travaillent, s’y installent ou le visitent. Un territoire peut être classé Parc naturel régional lorsqu’il présente un patrimoine remarquable et des richesses reconnues à l’échelle nationale ou internationale. La labellisation Parc naturel régional repose sur un projet commun, formalisé dans une Charte. Ce document stratégique engage volontairement les communes, les départements et la région concernés pour une durée de 15 ans. S’il appartient à l’État de décerner le label PNR, rappelons qu’il n’intervient en rien dans le fonctionnement ni la gouvernance. C’est la grande singularité des PNR et leur force, car ils sont initiés et pilotés par celles et ceux qui vivent, travaillent et connaissent intimement le territoire, et ce, dans l’intérêt de ses habitants.
Le Label Geoparc UNESCO : quand la géologie raconte l’histoire du territoire
Le statut de Géoparc mondial UNESCO, obtenu par le Parc du Massif des Bauges en 2011, est une reconnaissance internationale de la richesse et de l’intérêt géologique du territoire. Cette labellisation met en valeur le géopatrimoine du massif, caractérisé notamment par des synclinaux perchés remarquables et un vaste réseau karstique souterrain de 235 km. Il est porteur d’un fort potentiel d’attractivité auprès d’une clientèle touristique internationale. Le label UNESCO implique de déployer un plan de gestion ambitieux permettant d’allier préservation des géopatrimoines, éducation et développement local. Il engage également le Parc du Massif des Bauges à promouvoir un développement durable et un tourisme responsable. Il est important de préciser que ce label ne crée aucune réglementation supplémentaire au territoire. Réévaluée tous les 4 ans, la reconnaissance Géoparc exige de respecter un cahier des charges strict. En France, seuls 9 sites détiennent le label Géoparc mondial. Le Parc du Massif des Bauges est l’un d’entre eux, rejoignant ainsi un réseau de plus de 240 sites à l’échelle mondiale. Ces territoires constituent des lieux de référence pour initier les habitants et visiteurs à l’héritage géologique qui a conditionné l’évolution des êtres vivants et le développement des activités humaines au cours des derniers millénaires.
Quelle est la différence entre un PNR et une réserve naturelle ?
Bien que complémentaires, ces deux outils de protection n’ont ni la même échelle, ni les mêmes règles de fonctionnement.
Le Parc Naturel Régional (PNR) : le projet de territoire
- Objectif : concilier la sauvegarde du patrimoine naturel et culturel avec un développement économique respectueux de l’environnement.
- Statut : c’est un classement attribué par l’État à des territoires ruraux habités. Le projet est porté par les élus locaux via une Charte.
- Échelle : très vaste (plusieurs dizaines de communes).
- Ce qu’on y fait : on y encourage l’agriculture locale, l’artisanat et l’écotourisme. C’est un espace de vie et de travail.
La réserve naturelle (nationale ou régionale) : le sanctuaire
- Objectif : assurer une protection stricte d’espèces ou d’écosystèmes menacés.
- Statut : un espace réglementé au niveau régional ou national, avec des règles strictes qui interdisent ou limitent fortement certaines activités (chasse, pêche, urbanisation…)
- Échelle : plus ciblée, d’un petit site de quelques hectares à un territoire de plusieurs milliers d’hectares.
- Ce qu’on y fait : on y privilégie les actions de connaissance de la biodiversité, la recherche scientifique, les actions de gestion en faveur des milieux naturels et des espèces, et l’éducation à l’environnement. Les activités économiques y sont très restreintes.
L’essentiel à retenir
- Plus vaste et habité, le Parc naturel régional recherche l’équilibre développement économique et préservation de l’environnement.
- La réserve naturelle se concentre en priorité sur la conservation de la biodiversité. En raison de la fragilité du site, des règles spécifiques et rigoureuses s’y appliquent.
Un PNR agit comme une « enveloppe globale » : il peut abriter en son sein une ou plusieurs réserves naturelles sur ses secteurs les plus sensibles. C’est précisément le cas du Massif des Bauges, qui accueille notamment la Réserve Naturelle Nationale du Bout du lac d’Annecy, gérée par le Conservatoire d’espaces naturels de la Haute-Savoie, en associant le Parc dans sa gouvernance.
Le Parc gère-t-il d’autres espaces naturels protégés en dehors de la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage ?
Le territoire du Parc est riche de 10 espaces naturels protégés.
Le Parc intervient directement sur deux sites majeurs :
- La Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage (RNCFS) des Bauges : le Parc en assure la co-gestion avec l’Office national des forêts (ONF), à la direction, et l’Office français de la biodiversité (OFB), en charge du volet recherche scientifique. Le Parc a en charge le volet accueil et sensibilisation ainsi que la bonne complémentarité avec le site Natura 2000 « Partie orientale du massif des Bauges » qui englobe la RNCFS.
- La Tourbière des Creusates : le Parc est le gestionnaire de cet Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) en complémentarité avec la gestion du site Natura 2000 dont il est structure porteuse.
Pour les autres zones, le Parc agit comme un conseiller et un partenaire technique, mais n’en assure pas la gestion directe :
- 1 réserve naturelle nationale : celle du Bout du Lac d’Annecy gérée par le Conservatoire d’Espaces naturels de Haute-Savoie – ASTERS.
- 5 autres arrêtés préfectoraux de protection de biotope (APPB) gérés par l’État en lien avec des opérateurs locaux.
- 2 réserves biologiques forestières gérées par l’ONF.
Est-ce que le Parc gère la forêt ?
Le Parc n’est pas le gestionnaire des forêts. Son rôle n’est pas d’entretenir les parcelles ou de vendre le bois, mais d’agir comme un fédérateur.
Le Parc assure une mission d’animation et de coordination auprès des différents acteurs de la filière : forestiers, propriétaires forestiers, entreprises d’exploitation du bois.
Son action s’articule autour d’un outil stratégique : la Charte Forestière de Territoire du Massif des Bauges pour mettre en œuvre des actions favorables à tous ces acteurs et à la forêt.
Les gestionnaires de la forêt sont :
- L’Office National des Forêts pour les forêts publiques uniquement ;
- les gestionnaires forestiers indépendants ou les coopératives forestières pour les forêts privées ;
- les propriétaires eux-mêmes.
Pourquoi la chasse est-elle autorisée dans la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage (RNCFS) ?
La chasse n’est pas autorisée au sein de la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage, elle y est interdite. Seul un plan de prélèvement est autorisé.
La RNCFS est avant tout un laboratoire à ciel ouvert. Son rôle est d’analyser les interactions complexes entre la faune sauvage, les activités humaines et les évolutions du climat. Pour mener à bien ces recherches, il est nécessaire de maintenir des populations animales stables et équilibrées. C’est dans cet objectif scientifique qu’un plan de prélèvement encadré est autorisé.
Les prélèvements visent à maintenir l’équilibre agri-sylvo-cynégétique : il s’agit de limiter l’impact des grands herbivores (cerfs, chevreuils, chamois) sur la régénération des forêts. Les précieuses données scientifiques collectées à cette occasion permettent d’ajuster la gestion de la réserve et servent de modèle pour les territoires voisins.
- Période d’activité : le plan de prélèvement est autorisé du 1/09 au 28-29/02 tous les jours. Dans les faits aucun prélèvement n’est organisé le week-end.
- Espèces concernées : environ 150 animaux (cerfs, chamois, chevreuils, sangliers) sont prélevés chaque année. Les mouflons ne sont plus concernés en raison de la forte diminution de leur population causée par la prédation du loup.
- Un suivi scientifique des populations : les animaux prélevés sont mesurés et font l’objet d’analyses (ADN, biologie) par des techniciens de l’OFB et de l’ONF. Ces données prises contribuent à suivre l’évolution des populations.
- Une méthode rigoureuse : au sein de la réserve, seule la chasse à l’approche est autorisée, avec un chasseur-guide accompagnant. Pratiquée lors de stages ou par le Groupement d’Intérêt Cynégétique (GIC), cette méthode est la seule adaptée au relief escarpé et garantit un tir sélectif des individus. Cette pratique est soumise à un protocole rigoureux :
Accompagnement systématique par un agent de l’ONF, de l’OFB ou un guide du GIC.
Respect strict des consignes de tir établies selon les objectifs de recherche.
Présentation et examen des animaux prélevés, incluant l’analyse biologique et la collecte d’échantillons pour chaque animal.
Acteurs et structures impliquées :
– LE GIC, incluant des ACCA (Associations Communales de Chasse Agréées) locales, réalise un tiers des prélèvements.
– Une école de chasse, créée par l’ONF en 1996, forme les participants sur la faune montagnarde, les spécifiés de la RNCFS et les enjeux associés.
– Les co-gestionnaires de la RNCFS (ONF – OFB – Parc du Massif des Bauges) interagissent régulièrement avec le GIC pour mettre en œuvre le plan de prélèvement.
Activités complémentaires :
- Pour limiter les dégâts sur les pâturages d’altitude, des battues de sangliers peuvent être organisées entre le 1er juin et le 31 mars. Aucune opération n’a lieu le week-end. L’usage de chiens dits de « quête courte » est privilégié dans ce cadre.
- L’alpage d’Armenaz constitue une exception : c’est la seule zone totalement exclue du plan de prélèvement annuel. Les seules interventions autorisées concernent la régulation du sanglier ainsi que la récupération des colliers GPS sur les chamois.
Statut particulier des chasses privées :
- Orgeval : la chasse est autorisée en semaine tous les soirs à partir de 19h et jusqu’à 1h après le coucher du soleil ou les matins à partir d’1h avant le lever du soleil et jusqu’à 7h. La chasse peut reprendre le dimanche soir à partir de 20h et jusqu’à une heure après le coucher du soleil.
Chèvrerie : la chasse est autorisée durant toute la saison d’ouverture.
Des règles spécifiques d’urbanisme s’appliquent-elles dans le Parc ?
Il n’existe pas de « règlement d’urbanisme du Parc ». Ce sont les documents locaux (PLUi, SCOT, cartes communales) et les arrêtés municipaux qui définissent les règles de construction. Toutefois, en signant la Charte, les communes et EPCI s’engagent à ce que leurs décisions d’aménagement et de développement soient conformes aux objectifs de préservation et de développement durable portés par le Parc.
Le Parc est sollicité, pour avis :
- sur les documents de planification : PLU, Schémas de cohérence de territoire, Plan Climat Air Energie Territorial…
- sur les projets soumis à étude d’impact ou évaluation environnementale
- sur tous les autres documents encadrant les activités sur son territoire : carrières, déchets, sites et itinéraires, randonnées…
La publicité est-elle autorisée dans le Parc ?
La préservation de nos paysages passe par une réglementation stricte de l’affichage publicitaire. Voici les règles qui s’appliquent :
- En dehors des villes et villages : partout en France, la publicité est strictement interdite hors agglomération afin de protéger les paysages naturels.
- Dans les communes du Parc : le statut de PNR impose une protection renforcée du paysage : la publicité y est interdite partout, hors agglomérations comme à l’intérieur de celles-ci.
- Exceptions et spécificités locales : ces règles peuvent être adaptées ou précisées si la commune ou l’intercommunalité dispose d’un Règlement Local de Publicité (RLP), en cohérence avec la Charte du Parc.
D’autres protections peuvent s’ajouter selon le lieu (zones à proximité d’un monument historique, sites classés ou inscrits, secteurs patrimoniaux remarquables), renforçant encore ces restrictions.
Le saviez-vous ? Au sens du code de la route, une agglomération commence au panneau d’entrée du village et se termine au panneau de sortie barré de rouge. C’est dans cet espace que se concentrent les habitations.

2/ Propriété et accès à la nature
La nature appartient-elle à tout le monde ?
Chaque parcelle du massif des Bauges a un propriétaire, qu’il soit privé ou public.
Si le massif est un espace de ressourcement, sa fréquentation est un privilège qui implique des devoirs. Pour que cet équilibre perdure, votre passage doit s’inscrire dans le respect de quatre piliers essentiels :
- Le droit de propriété : restez sur les sentiers balisés et respectez les clôtures ; elles protègent des propriétés privées ou des zones de pâturage.
- Les activités professionnelles : le massif est un outil de travail. Veillez à ne pas gêner les usages agricoles (troupeaux, chiens de protection) et forestiers (chantiers de coupe, stockage du bois).
- La biodiversité : évitez les nuisances sonores qui dérangent la faune, restez sur les sentiers pour ne pas piétiner les milieux naturels et certaines espèces protégées, emportez vos déchets, ne faites pas de cueillette.
- La réglementation locale : respectez les arrêtés municipaux ou préfectoraux spécifiques. Soyez particulièrement vigilants à la réglementation des 10 aires protégées sur le Parc dont la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage des Bauges, la Réserve naturelle nationale du Bout du Lac, les réserves biologiques forestières de la Combe d’Ire et de Saint-Ruph, et six Arrêtés préfectoraux de protection de biotope dont la Tourbière des Creusates.
À qui appartient la forêt ?
Dans les Bauges, 60 % des forêts appartiennent à des propriétaires privés, et 40 % à des collectivités publiques (communes, département de la Savoie, ou d’autres institutions publiques) ou l’État pour les forêts domaniales.
La forêt privée est très morcelée : la surface moyenne est de 1,5 ha par propriétaire, en plusieurs parcelles, ce qui est 8 fois moins que la moyenne nationale.
Forêt publique ou privée : quelle différence ?
Forêts publiques : un accès autorisé mais encadré
Les forêts publiques relèvent du domaine privé, ce qui signifie qu’elles ne sont pas destinées à l’usage direct du public. Toutefois, les propriétaires forestiers publics choisissent souvent de rendre accessibles leurs forêts pour permettre les activités de loisirs. Confiée à l’Office National des Forêts (ONF), cette gestion de la forêt est dite « multifonctionnelle », c’est-à-dire qu’elle prend en compte tous les rôles de la forêt : l’économie, l’accueil du public, la biodiversité, la protection etc… À noter que les forêts classées en réserve biologique intégrale sont interdites d’accès : elles sont signalées sur le terrain.
Attention ! L’accès à aux forêts publiques est soumis à des règles précises : certaines activités sont interdites pour préserver les écosystèmes ou garantir une exploitation durable. Des fermetures temporaires peuvent être mises en place pour des raisons de sécurité : risques d’incendie, chantiers forestiers, régénération des espèces. Le bivouac y est règlementé et les feux y sont interdits, réchauds y compris.
En résumé, l’accès aux forêts publiques est une tolérance offerte par les propriétaires. Il demeure conditionné au respect des usages partagés et de la préservation de ces écosystèmes fragiles.
Forêts privées : un accès interdit sans autorisation
L’accès aux forêts appartenant à des particuliers ou à des groupements fonciers n’est pas un droit, mais nécessite l’accord préalable du propriétaire. Depuis la loi du 2 février 2023, pénétrer sans autorisation dans un terrain privé constitue une infraction pénale (passible d’une amende), dès lors que la propriété est matérialisée par une clôture ou une signalétique.
En l’absence de clôture ou de panneaux d’interdiction, le passage est souvent considéré comme une tolérance soumise au respect des lieux.
Le mot d’ordre : restez sur les sentiers balisés !
En définitive, que vous traversiez une forêt publique ou un domaine privé, emprunter les itinéraires balisés est le meilleur moyen de concilier vos loisirs avec le respect du cadre légal, la sécurité, la courtoisie et la préservation du vivant.
Ai-je le droit de ramasser du bois en forêt ?
Que la forêt soit publique ou privée, le bois sur pied ou au sol appartient systématiquement au propriétaire du terrain. Prélever du bois sans autorisation est donc assimilé à du vol par le Code forestier et le Code pénal.
Le bois mort est un réservoir de biodiversité. Il est essentiel à la fertilité du sol de la forêt, car en se décomposant, toute la matière retourne dans le sol et l’enrichit. Les forestiers laissent donc volontairement du bois mort et des branches (qu’on appelle des rémanents) sur le sol.
Je suis propriétaire ou ayant droit : puis-je faire du feu sur mon terrain proche d’une forêt ?
Si vous êtes propriétaire d’un terrain situé près d’un espace boisé (à moins de 200 m), vous bénéficiez de conditions particulières, mais restez soumis à une réglementation stricte :
- Périodes autorisées : les feux concernés (cigarettes, barbecue, tables à feu, feux de loisirs et feux d’artifices non soumis à déclaration en préfectures) ne sont possibles qu’à certains moments de l’année. Ces périodes sont définies par la préfecture pour limiter les risques d’incendie et les nuisances.
- Interdiction du brulage des déchets verts (agricoles ou forestiers) : il est interdit de brûler des déchets verts (tonte, feuilles, taille de haies) toute l’année. Ces derniers doivent être déposés en déchetterie ou compostés.
- Vérification indispensable : avant tout allumage, il est impératif de consulter le site de la préfecture de votre département pour connaître le calendrier des périodes autorisées et les consignes de sécurité en vigueur.
En rappel à destination des personnes non-propriétaires : tous types de feux sont interdits toute l’année dans les forêts et à moins de 200m de celles-ci. Seules les places à feu permanentes réglementées par les préfectures permettent de faire du feu dans les espaces boisés. Vous trouverez la liste de ces places à feu sur les sites des préfectures.
Plus d’informations : Haute-Savoie
Plus d’informations : Savoie
Les bons gestes pour préserver les forêts des incendies
Puis-je ramasser des champignons dans le massif des Bauges ?
Dans les forêts publiques
La cueillette est autorisée si elle reste dans le cadre d’une consommation familiale et si les prélèvements n’excèdent pas 5 litres par personne et par jour.
Dans les forêts privées
La cueillette est autorisée uniquement avec l’accord du propriétaire.
En cas de contrôle
Si un prélèvement excessif est constaté, les sanctions sont les suivantes :
- entre 5 et 10 l de champignons par personne : 135 € d’amende (article R163-5 du Code Forestier)
- au-delà de 10 l : délit passible de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (articles 311-3 du Code pénal et L163-11 du Code forestier).
Par ailleurs, la vente de la récolte est interdite.
Quelques préconisations relatives à la cueillette de champignons
- Informez vos proches de votre sortie : c’est utile si vous vous perdez.
- Cueillez des champignons matures et en bon état.
- Il n’existe pas de recensement des espèces de champignons présentes sur le Massif des Bauges. Ne récoltez que des champignons que vous connaissez.
- Cueillez le champignon entier afin de faciliter sa reconnaissance.
- En cas de doute, n’hésitez pas à contacter un spécialiste ou vous rendre en pharmacie pour identifier les champignons.
- Les applications d’identification sont déconseillées car imprécises.
- Ne dégradez pas le sol : bien que largement pratiquée et souvent perçue comme inoffensive, la cueillette des champignons peut avoir des conséquences négatives sur les écosystèmes naturels. Cette pratique contribue fréquemment au piétinement de la flore et au dérangement de la faune. Certaines espèces peuvent être vulnérables ou protégées.
- Avant consommation, prenez en photo votre cueillette. Elle sera utile en cas d’intoxication.
- Ne consommez jamais les champignons sauvages crus : faites-les cuire 20 à 30min à la poêle ou 15min dans l’eau bouillante
- Ne donnez jamais à manger des champignons sauvages à des jeunes enfants. Plus fragiles que les adultes, les intoxications ou symptômes peuvent être plus graves pour eux.
En cas d’intoxication :
- Notez l’heure du repas et celle de l’apparition des symptômes
- Appelez le 15 ou le 112 pour une urgence vitale (perte de connaissance, détresse respiratoire…).
- En cas de simples symptômes, contactez le centre antipoison de Lyon immédiatement au 04 72 11 69 11. (24h/24 – 7j/7) Plus d’information sur le site des centres antipoison.
Le délai d’apparition peut varier de quelques heures à plus de 12 heures, et l’état de la personne intoxiquée peut rapidement s’aggraver.
- Ne donnez pas à boire à la victime, ne la faites pas vomir.
Puis-je pratiquer des activités sportives dans un site Natura 2000 ?
Le dispositif Natura 2000 n’implique pas de réglementation sur les activités sportives pratiquées de manière individuelle. Seuls certains aménagements ou manifestations sportives peuvent être soumis au préalable à une évaluation des incidences. Il s’agit du seul volet réglementaire lié à Natura 2000. Les activités soumises à l’évaluation des incidences Natura 2000 sont listées dans des listes au niveau national et local (par département). Le Parc, en tant que gestionnaire de cinq sites Natura 2000, peut vous accompagner dans cette démarche.
Vous êtes organisateur de manifestations sportives : Consultez le guide d’accompagnement des manifestations sportives de nature dans le massif des Bauges
Est-ce que je peux sortir des sentiers ?
La règle est de rester sur les sentiers pour :
- Éviter le piétinement de la végétation et l’érosion des sols : la flore de montagne est fragile et met du temps à se régénérer. Des passages hors sentiers favorisent également l’érosion des sols. Par ailleurs, s’aventurer dans les prairies, pâturages, alpages, vignes ou toute autre zone de culture est interdit. Ces espaces sont des propriétés privées. Le piétinement de l’herbe réduit la nourriture disponible pour le bétail et dégrade les récoltes futures. Respecter ces espaces, c’est respecter le travail de ceux qui nous nourrissent.
Protéger la faune : sortir des sentiers dérange la faune, et c’est d’autant plus impactant l’hiver où la faune est encore plus vulnérable (raréfaction de la nourriture, dépense d’énergie importante pour les déplacements dans la neige…).
- Respecter la réglementation dans les aires protégées : l’accès hors sentier est strictement encadré dans certaines aires protégées du massif des Bauges : il est interdit de quitter les itinéraires balisés dans certains espaces naturels protégés, c’est le cas par exemple au sein des 3 zones de recherche de la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage des Bauges ou encore sur le site de la tourbière des Creusates classé en arrêté préfectoral de protection de biotope, deux sites gérés par le Parc.
Le stationnement en bordure de route est-il permis lorsque le parking est complet ?
Les parkings de départ de randonnée sont souvent saturés, ce qui cause d’importantes nuisances pour les riverains, les alpagistes et les professionnels de la forêt. De même, un mauvais stationnement peut bloquer l’accès des secours.
- Garez-vous exclusivement sur les zones autorisées. Le stationnement sauvage le long des routes vous expose à une verbalisation.
- Veillez à ne jamais entraver le passage des véhicules de secours, des engins forestiers ou du matériel agricole.
- Si un parking est complet, changez d’itinéraire ou revenez à une heure moins fréquentée.
En plus des interdictions prévues par la loi (circulation et stationnement des véhicules à moteurs en dehors des voies ouvertes à la circulation du publique), la plupart des communes prennent des arrêtés municipaux pour encadrer le stationnement.
Les forces de l’ordre (Gendarmes, gardes-champêtres, agents ONF) peuvent verbaliser le stationnement en lisière de forêt ou sur les chemins.
Stationner devant une barrière forestière (même ouverte) ou sur un chemin d’exploitation est une infraction. Ces voies doivent rester libres pour les pompiers (DFCI) et les engins de débardage.
Si vous garez votre voiture sur le bas-côté d’un chemin forestier non ouvert à la circulation, vous êtes techniquement « en circulation » sur une voie interdite.
L’amende forfaitaire est généralement de 135 €, mais elle peut grimper très haut (jusqu’à 1 500 € et l’immobilisation du véhicule) en cas de récidive ou de dégâts importants.
Puis-je faire voler un drone dans le Parc ?
L’usage des drones de loisir est régi par la réglementation des vols en « catégorie ouverte ». Les modalités varient selon la classe de votre appareil (mentions C0 à C4). Pour le détail technique, consultez le site Service-Public.fr.
Réglementation générale
De manière générale, le survol est strictement interdit au-dessus des secteurs suivants :
- Agglomérations et villages.
- Sites sensibles ou protégés : zones militaires, centrales nucléaires, prisons, monuments historiques, réserves naturelles et parcs nationaux, aires de nidifications d’espèces protégées.
- Zones aéronautiques : proximité des aérodromes et secteurs à activité aérienne spécifique (ex : trafic militaire).
- Rassemblements de personnes : si le survol de personnes isolées est toléré, vous devez rester à distance de tout regroupement. Si le groupe se trouve sur une propriété privée, vous devez avoir l’autorisation explicite de son propriétaire pour le survoler.
Le drone doit voler au maximum à 120 m de hauteur. Attention aux reliefs, la hauteur est calculée par rapport au sol juste en dessous du drone.
Le drone doit toujours rester dans le champ de vision direct du pilote.
Dans le massif des Bauges
- Dans les aires protégées réglementés, comme par exemple la Réserve Naturelle Nationale du Bout du Lac ou la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage, le survol (parapente, drone, etc.) est respectivement interdit à moins de 200 et 300 mètres du sol, sauf dérogation exceptionnelle.
- Pour protéger la tranquillité de la faune, le vol est fortement déconseillé sur le reste du massif.
- Les zones d’interdiction liées aux aires protégées sont consultables sur la page des aires protégées du Parc.
Ce qui est autorisé
Le vol de drone reste possible dans les cadres suivants :
- Espaces privés : avec l’accord explicite du propriétaire du terrain.
- Sites dédiés : dans les zones d’aéromodélisme autorisées.
- Espace public : dans certains secteurs publics non soumis aux restrictions citées plus haut.
Les réflexes à avoir avant de décoller :
Se rendre sur géoportail en appliquant la couche « Restriction aux zones de loisir » et s’assurer que vous ne ferez pas voler votre drone en zone rouge (interdiction totale) et que vous respecterez les hauteurs limitées prévues dans les zones rose/orange.
L’impact des drones sur la faune sauvage
Le drone introduit des bruits, des ombres portées sur le sol et des formes inhabituelles dans des milieux naturels préservés. Ces intrusions stressent les animaux sauvages et perturbent leur comportement naturel : vigilance accrue, inquiétude, fuite, déplacement…
Les rapaces rupestres (Aigle royal, Faucon pèlerin, Hibou grand-duc) sont les plus durement touchés. La période de reproduction, de février à août, correspond à une période de haute vulnérabilité. Pour protéger ces espèces, des zones de tranquillité spécifiques ont été définies par le Parc.
Consultez les fiches détaillées Bulles de quiétude RAPACES.
Si vous entendez ou voyez un rapace, posez-vous immédiatement.

3/ Sports et activités de loisirs
Comment préserver les écosystèmes fragiles tout en pratiquant un sport de nature ?
Dès que vous pénétrez dans un espace naturel, vous devenez acteur d’un écosystème fragile. Pour le protéger tout en appréciant pleinement votre immersion, voici les règles de conduite à adopter :
Respectez les réglementations en vigueur
Informez-vous sur les réglementations propres aux espaces protégés du massif et identifiez les zones de quiétude et les périodes de reproduction (rapaces, chamois, tétras-lyre, etc.). Selon les secteurs, certaines activités peuvent être limitées ou interdites, comme la pratique du VTT, le survol en parapente ou l’accès aux chiens.
Consultez la carte et la réglementation des aires protégées
Restez sur les sentiers balisés
Le hors-sentier endommage les sols, favorise l’érosion et perturbe la faune. Privilégiez les itinéraires existants.
Adaptez votre pratique aux saisons et aux périodes sensibles
Évitez les zones d’hivernage des espèces fragiles comme le chamois ou le tétras-lyre. Pendant la période de reproduction des rapaces (février à juillet), contournez à plus de 250 mètres leurs aires de nidification.
Limitez les nuisances sonores et lumineuses
Le bruit en milieu naturel constitue une véritable pollution sonore qui génère chez les animaux un stress intense, pouvant provoquer la fuite ou l’abandon définitif des nids. Les activités nocturnes, telles que le trail, sont particulièrement dérangeantes et doivent être évitées, tout spécialement au crépuscule et à l’aube, périodes de vulnérabilité maximale pour la faune.
Gérez votre impact environnemental
Ne laissez aucune trace : emportez tous vos déchets, y compris biodégradables. Ne cueillez pas de plantes et évitez toute interaction avec la faune sauvage.
Pratiquez en concertation avec les autres usagers
Les sports de nature doivent cohabiter avec les activités agricoles, forestières et touristiques. Évitez les périodes de forte fréquentation et respectez les priorités d’accès aux chemins (alpagistes, forestiers, secours, etc.)
Pour bien préparer votre itinéraire, consultez les spécificités locales auprès des offices de tourisme et utilisez des outils numériques comme Biodiv’Sports pour identifier les zones de sensibilité en temps réel.
Faune et flore : que puis-je voir dans le massif ?
Toutes les informations sur le patrimoine naturel du territoire sont centralisées sur le portail Biodiv’Bauges. Une ressource indispensable pour les amoureux de la nature : Accéder à Biodiv’Bauges
Puis-je emprunter tous les itinéraires Strava, Komoot, Visorando, etc. ?
Que vous pratiquiez la randonnée, le trail, le VTT (électrique ou non), le ski de rando ou les raquettes, voici ce qu’il faut savoir avant de vous lancer :
Une liberté sous votre responsabilité
Les tracés disponibles sur ces applications sont majoritairement partagés par des particuliers. Il n’existe aucune garantie que l’auteur du tracé connaisse la réglementation locale ou les enjeux de propriété privée.
Modération n’est pas validation
Si les applications modèrent parfois les contenus, elles ne font l’objet d’aucune validation officielle par les gestionnaires des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Un itinéraire populaire peut tout à fait :
- Traverser une zone interdite par les réglementations des aires protégées.
- Emprunter des zones sensibles pour la biodiversité où le passage dérange la faune (en période d’hivernage ou de reproduction).
- Traverser des propriétés privées, des cultures agricoles ou des zones de pâturage, au risque de dégrader les sols ou d’effrayer les troupeaux.
Nos conseils pour une sortie responsable
- Vérifiez la réglementation
- Choisissez un parcours respectueux de la nature avec Biodiv’Sports et repérez les zones sensibles avec Rando Bauges ;
- Utilisez les sentiers balisés car ils respectent les zones protégées ;
- Évitez les itinéraires problématiques : ne suivez pas aveuglément un tracé sous prétexte qu’il est sur une application. Certains itinéraires peuvent même être dangereux. Par ailleurs une trace pratiquée par beau temps peut s’avérer impraticable si les conditions se dégradent.
- Consultez le Parc du Massif des Bauges ou les offices de tourisme locaux pour préparer vos sorties.
Comment concilier escalade et respect du territoire ?
L’escalade, bien que concentrée sur des parois rocheuses spécifiques, peut interagir avec d’autres activités du territoire comme l’agriculture, la gestion forestière, les loisirs de pleine nature ou la biodiversité.
Dérangement de la faune
Le massif abrite un patrimoine naturel d’exception parfois protégé (Aigle royal, Faucon pèlerin, Primevère auricule…). Avant de vous engager, vérifiez les réglementations locales.
Respectez les restrictions de fréquentation lors des périodes de nidification.
Interactions avec l’agriculture et la gestion forestière
- Alpages : certains sites d’escalade traversent des pâturages. Il est important de respecter les clôtures, les animaux présents et d’utiliser le tracé d’accès convenu avec l’alpagiste.
- Travaux forestiers : certaines falaises se situent au cœur de forêts exploitées, qu’elles soient publiques ou privées. Pour votre sécurité et pour ne pas gêner le travail des professionnels, il est interdit de traverser les zones de chantiers forestiers. Ces chantiers durent en moyenne quelques jours à quelques semaines maximum. Reportez votre visite !
Peut-on ouvrir de nouvelles voies d’escalade dans le Parc ?
L’ouverture de nouvelles voies d’escalade dans le Parc naturel régional du Massif des Bauges est soumise à plusieurs conditions et nécessite une concertation avec les acteurs locaux.
Conditions à vérifier avant l’ouverture d’une voie d’escalade :
- Identifier les espèces et aires protégées concernés : certaines falaises présentent de fortes sensibilités liées à la présence d’espèces de faune et flore particulière, cela peut être le cas d’aires de nidification de rapaces rupestres (aigle royal, faucon pèlerin…). En site Natura 2000, l’équipement des parois rocheuses est soumis à évaluation des incidences en Savoie et Haute-Savoie, contacter le Parc pour vous faire accompagner. D’autres réglementations sur les aires protégées peuvent restreindre ces équipements.
- Consulter le Schéma de Cohérence des Activités Verticales du Parc en vous rapprochant du Parc.
- Prendre en compte la nidification des rapaces rupestres : certaines zones sont à éviter en raison d’espèces protégées.
L’ouverture d’une nouvelle voie implique plusieurs démarches :
- Concertation avec le Parc du Massif des Bauges, la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), et les autres gestionnaires d’espaces naturels.
- Obtention des autorisations des propriétaires des terrains concernés : communes, privés, ONF pour les forêts domaniales.
- Validation des aspects techniques et sécuritaires avec la FFME (Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade).
Dans certains cas, un arrêté municipal peut être nécessaire pour réglementer l’activité sur un site spécifique.
Les grimpeurs souhaitant ouvrir une voie doivent respecter certaines recommandations :
- Utiliser des équipements adaptés et éviter les installations permanentes inutiles qui pourraient altérer l’environnement rocheux.
- Éviter toute artificialisation excessive du site : défrichage, modification du relief…
- Planifier les ouvertures en dehors des périodes de nidification et respecter scrupuleusement les zones de quiétude.
Est-ce que je peux emprunter tous les chemins en VTT ?
Le VTT se différencie de la marche à pied par sa vitesse plus élevée et un contact permanent avec le terrain. Ces caractéristiques entraînent un effet de surprise accru pour la faune sauvage ainsi que pour les autres randonneurs, tout en provoquant une érosion plus marquée des sentiers.
Le VTT est interdit dans certaines aires protégées du massif : consultez la réglementation des aires protégées.
Au-delà du cadre réglementaire, voici les bonnes pratiques à adopter pour une pratique responsable :
- Planification : privilégiez les itinéraires balisés pour le VTT dans le massif des Bauges.
- Préservation de l’environnement : restez impérativement sur les sentiers. Cela limite l’érosion, protège la flore et réduit le dérangement de la faune, particulièrement lors des périodes sensibles de reproduction.
- Respect d’autrui : gardez à l’esprit que vous traversez des propriétés privées ; rester sur les tracés est une marque de respect pour les propriétaires et les activités locales.
- Zones protégées : conformez-vous aux interdictions de circuler dans les secteurs sensibles.
- Sécurité et courtoisie : adoptez une conduite calme et maîtrisez votre vitesse, notamment lors du partage des sentiers ou à l’approche des troupeaux.
Est-ce que je peux venir avec mon chien dans le massif des Bauges ?
Ce que dit la réglementation :
- Responsabilité : en vertu de l’article 1243 du Code civil, le propriétaire ou le gardien d’un chien est légalement responsable des dommages causés par l’animal.
- Définition de la divagation : un chien est considéré comme étant en divagation s’il se trouve à plus de 100 mètres de son maître ou hors de sa vue. Cette règle ne s’applique pas aux chiens de travail (troupeaux et protection).
- Restrictions saisonnières (15 avril – 30 juin) : conformément à l’arrêté du 16 mars 1955, le port de la laisse et le maintien sur les sentiers sont obligatoires en forêt durant cette période. Cette mesure vise à protéger la faune sauvage lors de la saison des naissances, moment où les jeunes animaux sont particulièrement vulnérables. En savoir plus.
- Réglementations locales : de nombreuses municipalités imposent la tenue des chiens en laisse sur l’ensemble de leur territoire ou dans des zones définies par arrêtés municipaux. Avant de partir en balade, nous vous recommandons de vérifier les règles locales. En cas d’incertitude, sollicitez directement l’office de tourisme, la mairie concernée ou les services du Parc.
Quelles sont les randos accessibles avec un chien dans le massif des Bauges ?
Pour découvrir les itinéraires adaptés, consultez le portail https://rando.parcdesbauges.com
Il vous suffit d’utiliser le filtre de recherche « accessible aux chiens » pour afficher les parcours autorisés.
Quelles sont les zones interdites aux chiens dans le massif des Bauges ?
Certains secteurs du Parc sont strictement inaccessibles aux chiens, même tenus en laisse :
- Interdiction permanente : La circulation des chiens est totalement proscrite au sein de la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage des Bauges.
- Interdictions estivales (alpages) : Par arrêtés municipaux, l’accès aux alpages est interdit durant l’été sur certaines communes, notamment à Faverges (74) et Lathuile (74).
- Autres secteurs : Des restrictions similaires peuvent s’appliquer ailleurs. Pensez à consulter la cartographie de la réglementation dans les Bauges avant votre départ.
Conseil de sécurité : Il est par ailleurs fortement déconseillé de randonner avec votre chien dans les zones de pâturage où travaillent des chiens de protection. Vous pouvez localiser ces secteurs sur la carte des chiens de protection du Parc.
Pour le bien de tous, adoptez les bons réflexes :
En alpage : gardez votre chien en laisse pour ne pas déranger les bêtes. L’été, privilégiez les secteurs sans chiens de protection : consultez la cartographie dédiée sur le site du Parc.
En hiver : préservez l’énergie vitale de la faune sauvage en limitant la présence de votre chien lors de vos activités de neige.
Santé animale : ramassez les déjections de votre animal. Elles polluent le fourrage et peuvent rendre les troupeaux malades ; contrairement aux idées reçues, elles n’ont aucune vertu fertilisante pour les prairies.
Pour la sécurité de votre chien : certains reliefs peuvent être dangereux (falaises, précipices), le garder en laisse est la meilleure façon de prévenir un accident tragique.
Peut-on pratiquer le parapente partout dans le massif des Bauges ?
Le parapente fait l’objet d’une réglementation spécifique au sein de certaines aires protégées du massif des Bauges. Pour connaître les règles applicables selon les secteurs, veuillez consulter la réglementation des aires protégées.
Préparer son vol
Voler en parapente dans le massif des Bauges implique de respecter les activités locales et la tranquillité de la faune. Avant votre décollage, prenez soin de contacter les clubs locaux pour vous informer sur la réglementation spécifique en vigueur.
Atterrissage et décollage
Utilisez les zones de décollage et d’atterrissage officielles et leurs accès et parkings dédiés.
En cas d’atterrissage imprévu : choisir un pré où l’herbe est la plus rase et repliez votre matériel en bordure des parcelles ou en bord de route pour limiter la gêne.
Protection de la faune et zones de nidification
- Secteurs sensibles et biodiversité : au-delà des espaces protégés (généralement signalés sur les panneaux aux sites de décollage), d’autres zones sont particulièrement fragiles. C’est le cas des sites de nidification de rapaces protégés tels que l’Aigle royal, et le Faucon pèlerin. Le dérangement de ces espèces constitue une menace directe pour leur conservation.
- Bonnes pratiques de survol : évitez systématiquement de survoler les lieux de nidification (falaises, vires rocheuses, forêts). Si vous observez un animal montrant des signes de nervosité ou de stress, éloignez-vous immédiatement.
- Bulles de quiétude et distances de sécurité : pour protéger ces oiseaux, des « bulles de quiétude » entourent leurs nids, principalement durant la période de reproduction. Ces zones sont mises à jour et signalées par le Parc, la LPO et les clubs locaux. Par ailleurs, maintenez une distance minimale de 250 mètres autour des nids.
- Calendrier et cartographie : respectez impérativement les périodes sensibles liées à la reproduction. Vous pouvez consulter les zones et dates précises sur la carte réglementaire du Parc.
Pour aller plus loin : nous vous invitons à visionner le film « Partage du ciel » pour mieux comprendre ces enjeux
Puis-je bivouaquer dans le massif des Bauges ?
Veuillez noter que le bivouac est strictement interdit dans certaines aires protégées, ainsi que dans plusieurs secteurs pour lesquels les communes ont mis en place une réglementation spécifique : lac de la Thuile et communes des Déserts, de Saint-François-de-Sales et du Montcel. Pour toute précision réglementaire, rapprochez-vous des mairies concernées.
Pratiquer « l’art du bivouac » implique quelques les règles d’or !
- Accord préalable : conformément à la loi de 2023 sur l’accès à la nature, vous devez impérativement obtenir l’autorisation du propriétaire du terrain avant de vous installer.
- Temporalité : installez votre campement au coucher du soleil et libérez les lieux dès l’aube.
- Discrétion : veillez à rester le plus discret possible pour préserver la quiétude du site.
- Zéro trace : emportez vos déchets, ne laissez aucune trace de feu et gérez proprement vos déjections.
- Gestion rigoureuse du feu : pouvoir bivouaquer ne donne pas le droit de faire du feu. Les feux sont strictement interdits dans les forêts et à moins de 200 mètres de celles-ci, sauf autorisation spéciale. Vous devez obligatoirement vous rendre sur une zone aménagée spécifiquement à cet effet. Les listes des places à feu permanentes autorisées sont disponibles sur les sites des préfectures.
Où trouver les aires de bivouac aménagées dans le massif ?
Plusieurs secteurs du Parc proposent des zones spécifiquement dédiées à l’accueil des bivouaqueurs :
- Au Semnoz : trois zones sont officiellement autorisées :
- De chaque côté du parking du « Courant d’Ere ».
- Sur le plateau, situé au pied du Crêt de l’Aigle.
- En lisière de forêt, sur le versant Bauges.
- Au Margériaz : une aire est aménagée à la Place à Baban
- Sur le plateau de Savoie Grand Revard : des aires spécifiques sont également disponibles.
Retrouvez ces aires de Bivouac sur la carte des réglementations en vigueur sur le Massif
Puis-je bivouaquer dans la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage ?
Non, le bivouac est interdit dans la RNCFS.
Le camping est également interdit sous toutes ses formes, même avec un van aménagé.
Les seules exceptions dans la réserve correspondent à trois hébergements accessibles :
- La Cabane de Bonverdan gratuite et rustique
- La maison forestière de l’Abbaye gratuite et rustique
- Le refuge de Coutarse gardé et payant
La pêche est-elle autorisée dans les rivières du Parc ?
Non, le bivouac est interdit dans la RNCFS.
Le camping est également interdit sous toutes ses formes, même avec un van aménagé.
Les seules exceptions dans la réserve correspondent à trois hébergements accessibles :
- La Cabane de Bonverdan gratuite et rustique
- La maison forestière de l’Abbaye gratuite et rustique
- Le refuge de Coutarse gardé et payant
La pêche est-elle autorisée dans les rivières du Parc ?
La pêche est autorisée dans la majorité des cours d’eau du massif, mais elle est soumise à des règles précises.
Il n’existe pas de règle unique propre au Parc. Pour pêcher légalement, vous devez respecter :
- Le cadre national : périodes d’ouverture/fermeture et détention obligatoire d’une carte de pêche.
- Les spécificités locales : chaque association de pêche (AAPPMA) peut adapter ses propres règles (tailles minimales de capture ou « mailles », quotas, fenêtres de prélèvement).
- Les zones d’interdiction : la pêche est strictement interdite dans certains secteurs comme la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage (RNCFS) ou les zones classées en « réserve de pêche ».
Carte de pêche et gestion du territoire
La plupart des rivières et lacs font partie du domaine privé et sont gérés par des associations locales avec l’accord des propriétaires. Vous devez posséder une carte de pêche valide pour le secteur concerné.
Achat en ligne sur cartedepeche.fr
En ce qui concerne le bassin versant du Chéran, achat auprès des points de vente locaux : Offices de tourisme (Le Châtelard, Les Aillons), Camping « L’Eau Vive » (Lescheraines), Tendance Nautic (Sévrier), Loisirs et Pêche (Annecy), Maison Pêche Nature (Rumilly).
Zoom sur le Bassin Versant du Chéran
Si vous pêchez sur le Chéran ou ses affluents, informez-vous spécifiquement sur les règlements de l’AAPPMA du Haut-Chéran ou de l’Albanais.
Consultez le règlement intérieur et les modalités de réciprocité : cheran-terredepeche.com
Puis-je pratiquer une activité sportive la nuit dans les Bauges ?
Les sports de nature (randonnée, trail, VTT, ski de rando, etc.) pratiqués de nuit ont un impact réel sur l’écosystème et la sécurité. Il est fortement déconseillé de pratiquer une activité nocturne sur l’ensemble du massif. La nuit est le temps du repos et de l’alimentation pour la faune ; votre discrétion est la clé de leur survie.
L’impact du dérangement lumineux
L’usage de lampes (frontales, phares, torches) perturbe la faune sauvage.
- Biodiversité : la lumière artificielle influe sur les cycles biologiques, désoriente les espèces nocturnes (chauves-souris, oiseaux, insectes) et modifie leurs comportements, surtout en période de reproduction.
- Horaires critiques : la plupart des grands animaux sont particulièrement actifs à l’aube et au crépuscule (environ 2 heures avant et après le soleil). C’est leur moment privilégié pour se nourrir et se déplacer.
- Élevage : la nuit, les chiens de protection des troupeaux sont sur le qui-vive. Ils peuvent identifier un visiteur lumineux comme un prédateur, générant un stress important et des risques d’incidents.
Restrictions et interdictions locales
- Interdiction des appareils lumineux : pour préserver la quiétude nocturne, l’usage de lampes est interdit dans la Réserve naturelle du Bout du Lac et dans la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage (RNCFS).
- Ski de randonnée : à la station d’Aillon-Margériaz 1400, la pratique nocturne est interdite par arrêté municipal en dehors des horaires d’ouverture (9h–17h). Cette mesure assure votre sécurité face aux dameuses en plein travail. Le non-respect de cette règle expose à une verbalisation.
- Ski de fond : des sessions nocturnes encadrées sont organisées deux soirs par semaine à La Féclaz (accès spécifique avec le forfait « Hibou »).
Puis-je organiser une manifestation sportive dans le Parc du Massif des Bauges ?
L’organisation d’une manifestation sportive nécessite différentes démarches.
Consultez le guide d’accompagnement des manifestations sportives de nature dans le massif des Bauges
Manifestations sans chronométrage
– Si le parcours emprunte des terrains privés : l’accord des propriétaires est indispensable
– Si l’événement se déroule sur une seule commune : une autorisation municipale suffit. Il faut contacter la mairie concernée
– Si l’événement traverse plusieurs communes : une déclaration est obligatoire auprès de la préfecture sur la plateforme officielle : declaration-manifestations.gouv.fr
Manifestations avec chronométrage (compétitions, courses, trails…)
– Si l’événement se déroule sur une seule commune : il faut une déclaration en mairie avec autorisation, et éventuellement un arrêté municipal.
– Si l’événement traverse plusieurs communes : une autorisation préfectorale est obligatoire via declaration-manifestations.gouv.fr
– Si la manifestation rassemble de 1500 participants : un dossier de sécurité renforcé doit être prévu avec les services de secours
Cas particuliers nécessitant une autorisation spécifique
– Traversée d’un site Natura 2000 : une évaluation des incidences est requise par l’État. Pour vous aider, consultez le Parc.
– Passage en forêt publique (ONF) : contacter l’Office National des Forêts
– Si l’événement a lieu en période de chasse : consulter les fédérations de chasse
– Dans tous les cas, pensez à avertir les organismes et propriétaires susceptibles d’être concernés : au moment de votre évènement, il se peut que des travaux routiers ou forestiers soient engagés, ou que des troupeaux soient proches de la manifestation.

4/ Bonnes pratiques
Comment limiter mon impact sur la faune sauvage lors de mes sorties hivernales ?
Le dérangement lié à la présence humaine génère un stress intense et provoque des comportements de fuite qui modifient les habitudes naturelles de la faune : repos, alimentation, reproduction. La répétition et l’intensité de ces nuisances menacent directement la survie des espèces. Elles réduisent leur temps de repos et d’alimentation, tout en provoquant des dépenses énergétiques vitales qui les épuisent prématurément.
En hiver : une vigilance accrue en raquettes et ski de rando
Sous la neige, les sentiers s’effacent et la tentation est grande de créer sa propre trace. Pourtant, la dispersion des pratiquants multiplie les zones de stress pour les animaux. Pour préserver la tranquillité du massif, adoptez les bons réflexes :
- Privilégiez les traces existantes : suivez les itinéraires déjà tracés pour ne pas étendre la zone de dérangement, à moins que ceux-ci ne pénètrent dans des secteurs écologiquement fragiles.
- Contournez les zones refuges : les forêts, les lisières et les combes abritées sont les derniers remparts de la faune contre le froid. Évitez absolument de traverser ces zones de repli.
- Informez-vous sur les zones sensibles : consultez les réglementations des aires protégées et les zones de tranquillité du Tétras-lyre. Certains itinéraires alternatifs sont spécifiquement conçus pour contourner ses habitats.
- Adoptez une pratique paisible : le silence et une vitesse modérée sont vos meilleurs alliés pour observer la nature sans la perturber.
En restant sur les parcours adaptés, vous protégez l’équilibre fragile de la montagne et garantissez la survie des espèces les plus vulnérables.
Est-ce que je peux allumer un feu lors de mes balades ?
Que ce soit pour un feu de camp, un barbecue, l’usage d’un réchaud ou même une cigarette, l’usage du feu est strictement encadré en raison des risques majeurs qu’il fait peser sur l’environnement. Pour prévenir les incendies, une règle nationale s’applique rigoureusement : tous les feux sont interdits à moins de 200 m des forêts. Seules les places à feu permanentes réglementées par les préfectures permettent de faire du feu dans les espaces boisés. Vous trouverez la liste de ces places à feu sur les sites des préfectures de la Savoie et de la Haute-Savoie
Pourquoi cette interdiction ?
Au-delà du risque évident d’incendie incontrôlable aux dégâts irréversibles, le feu impacte directement la nature :
- Dégradation du sol : la chaleur détruit la partie vivante et organique du sol, empêchant la régénération de la végétation.
- Perturbation de la faune : les fumées et les odeurs dégagées constituent un stress important pour les animaux sauvages.
Réglementation dans le massif des Bauges
- Aires protégées : le feu est explicitement interdit les zones protégées du massif. Nous vous invitons à consulter la réglementation en vigueur.
- Arrêtés préfectoraux et municipaux : selon la saison et la vulnérabilité des sites, des interdictions supplémentaires sont fréquemment activées par les autorités. Dans la plupart des espaces naturels du massif, la règle est l’interdiction de tout feu.

Plus d’informations : Haute-Savoie
Plus d’informations : Savoie
Les bons gestes pour préserver les forêts des incendies
Puis-je diffuser de la musique en me baladant ?
En montagne, le bruit ne se contente pas de voyager : il est amplifié par la topographie (échos, parois), ce qui multiplie son impact sur l’environnement.
Le silence est une règle stricte dans plusieurs secteurs clés du massif :
- Tout instrument sonore est totalement interdit au sein de la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage ainsi que dans la Réserve naturelle du Bout du Lac d’Annecy.
- Par arrêtés municipaux, certaines communes ont pris des mesures similaires pour protéger leurs sites naturels ; c’est le cas par exemple sur le massif du Semnoz.
Pour connaître le détail par secteur, consultez la carte des réglementations en vigueur et des réglementations des aires protégées.
Partout ailleurs dans le massif, l’usage d’enceintes ou de musique est fortement déconseillé pour plusieurs raisons :
- Les sons artificiels génèrent un stress important chez les animaux. Au lieu de se nourrir, se reproduire ou se reposer, ils consacrent un surplus d’énergie vital à la vigilance ou à la fuite.
- Le respect du calme est fondamental pour la tranquillité des autres usagers qui viennent chercher en montagne une déconnexion totale.
- S’isoler phoniquement vous prive d’informations sonores cruciales, comme l’approche d’un danger, d’un autre usager ou d’un signal d’alerte.
Ai-je le droit de ramasser des fossiles ?
Contrairement à une idée reçue, une pierre ou un fossile n’appartient pas à celui qui le trouve. Chaque pierre appartient au propriétaire du terrain (Art.552 du Code civil : la propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous).
Qu’il s’agisse d’un domaine privé ou d’une propriété publique, vous devez théoriquement avoir l’accord du propriétaire. Ramasser sans autorisation est techniquement un « vol » au sens de l’Article 311-1 du Code pénal.
L’utilisation d’outils type marteau ou burin transforme le « ramassage » en « extraction ». Cela est considéré comme une dégradation du milieu naturel ou une exploitation de carrière sauvage (Source : Article L. 415-3 du Code de l’environnement). Les sanctions pour dégradation de sites d’intérêt géologique peuvent aller jusqu’à 150 000 € d’amende.
Dans le massif des Bauges, aucune autre réglementation spécifique n’existe autour des prélèvements de fossiles ou simples cailloux. Mais si vous aimez la géologie, voici quelques conseils pour agir dans le respect de la nature :
- La photo plutôt que le sac à dos
Un fossile photographié reste éternellement dans votre téléphone et surtout, il reste à sa place pour que le prochain randonneur puisse vivre la même émotion que vous.
- Ne retournez pas les pierres :
Sous chaque caillou vit un micro-écosystème (insectes, larves, …). En le déplaçant, vous détruisez un habitat.
- Signalez vos découvertes
Si vous trouvez un fossile exceptionnel, ne l’emportez pas. Prenez-le en photo, notez sa position GPS et envoyez l’information au Parc Naturel Régional du Massif des Bauges. Vous aiderez peut-être la science !
- Évitez les cairns inutiles
Empiler des pierres favorise l’érosion des sols et perturbe la petite faune.
Quelles sont les périodes critiques pour la protection de la faune ?
La faune est particulièrement vulnérable à certaines périodes de l’année, notamment lors de la reproduction, de la mise bas et de l’hivernage. Ces phases sont déterminantes pour la survie des espèces (couvaison, élevage des jeunes) et nécessitent des mesures spécifiques de protection.
Périodes critiques en général :
- D’avril à mi-juillet : c’est le moment de la reproduction et de l’arrivée des jeunes. Durant cette période, la faune sauvage est extrêmement vulnérable ; un simple dérangement peut compromettre le succès d’une portée ou la survie des nouveau-nés.
- Décembre – mars : en hiver, les animaux vivent sur leurs réserves. Les températures glaciales et la difficulté de déplacement dans la neige augmentent drastiquement leurs dépenses d’énergie. Respecter leur quiétude, c’est leur permettre de ne pas s’épuiser inutilement face au froid et aux maladies.
Préserver la tranquillité sauvage : précautions et réglementations
Des règles précises encadrent nos activités de loisirs :
- Chiens en laisse : du 15 avril au 30 juin, un arrêté impose l’interdiction de divagation des chiens sur l’ensemble du territoire, c’est-à-dire que votre animal doit toujours être sous votre surveillance. En forêt, la règle est plus stricte encore pour cette période : les chiens ont interdiction de sortir des sentiers sans laisse. Concrètement, si votre chien ne revient pas instantanément ou s’il s’éloigne du sentier, la laisse est obligatoire. Elle permet de respecter la réglementation et de ne pas déranger ou mettre en danger la faune sauvage. Cette mesure protège les jeunes animaux (faons, levrauts, oiseaux nichant au sol) qui sont alors incapables de fuir. Le non-respect de cette règle est passible d’une amende pouvant atteindre 750 € (Code de l’Environnement).
- Respectez les « bulles de quiétude » des rapaces : les bulles de quiétude sont des zones de protection mises en place en concertation avec les pratiquants d’activités de nature, notamment les parapentistes. Elles ont pour but de préserver la tranquillité des rapaces rupestres, comme l’Aigle royal et le Faucon pèlerin, pendant leur période de reproduction. Dans le cadre des bulles de quiétude, il est interdit de s’approcher à moins de 250 mètres des nids. Ces bulles sont ajustées chaque année en fonction des observations des ornithologues et des volontaires de la LPO, et sont affichées sur les sites de décollage des parapentes ou d’escalade.
La cartographie des bulles de quiétude est disponible sur Biodiv’Sports.
- Règles de survol en zones sensibles : dans les secteurs réglementés, comme la Réserve Naturelle Nationale du Bout du Lac ou la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage, le survol (parapente, drone, etc.) est respectivement interdit à moins de 200 et 300 mètres du sol, sauf dérogation exceptionnelle.
- Les bons réflexes sur le terrain : restez sur les sentiers balisés, pour éviter d’empiéter sur les zones de nidification et d’hivernage. Évitez les bruits forts (musique, cris, moteur) qui perturbent les animaux.
- Informez-vous : respectez les zones réglementées et informez-vous sur les restrictions en vigueur dans les espaces protégés. Avant de partir, consultez les cartes officielles et les panneaux d’information à l’entrée des sites.
En savoir plus sur la réglementation des aires protégées
Un animal protégé me regarde avec attention, est-ce de la curiosité ?
Il est tentant de prêter des intentions humaines aux animaux, mais la réalité sauvage est tout autre.
- Pour un animal sauvage, l’humain est avant tout un prédateur potentiel. S’il s’arrête et vous fixe intensément, il n’est pas curieux : il évalue le danger pour décider s’il doit fuir ou rester immobile pour se camoufler. C’est déjà un dérangement.
- Des études menées dans le massif des Bauges confirment par exemple que le chamois est extrêmement stressé par nos activités et évitent certains secteurs fréquentés par l’homme, surtout de part et d’autre des sentiers : c’est ce que l’on appelle le « couloir de la peur ». Face à la fréquentation humaine, les chamois adoptent des stratégies d’évitement : ils décalent leurs heures d’activité et s’exilent vers des zones de repli, ce qui fragilise leur survie.
Le bon réflexe : si un animal vous regarde, c’est que vous êtes déjà trop près ou trop visible. Ne cherchez pas à établir un contact, détournez le regard et éloignez-vous calmement.
Comment réagir face à un chien de protection en alpage ?
Le chien de protection n’est pas un animal de compagnie : son rôle est de défendre le troupeau contre toute menace. Votre passage sur l’alpage peut être perçue comme une intrusion. Pour désamorcer la situation, adoptez ces réflexes essentiels :
Gardez votre calme : restez immobile, ne criez pas et évitez les gestes brusques.
Facilitez l’identification : le chien peut s’approcher en aboyant. Laissez-le vous flairer pour qu’il comprenne que vous n’êtes pas une menace. Ne lui tournez pas le dos.
Signes de non-agression : ne fixez pas le chien dans les yeux (interprété comme un défi) et n’utilisez jamais de bâton ou d’objet pour le menacer.
Contournement : ne traversez jamais le cœur du troupeau. Faites un large détour tout en restant visible.
Distance physique : si besoin, placez un objet (sac à dos, vélo) entre vous et le chien, sans mouvement brusque.
Adaptation de l’allure : si vous êtes à vélo, descendez et marchez à côté. Si vous courez, ralentissez immédiatement pour marcher calmement.
Interactions interdites : ne tentez jamais de caresser ou de nourrir le chien de protection.
Le cas particulier des chiens de compagnie : il est vivement déconseillé (et parfois interdit par arrêté municipal) d’emmener son propre chien dans ces zones. Le chien de protection le percevra comme un prédateur, ce qui peut déclencher une réaction agressive, même si votre animal est tenu en laisse.
Les crèmes solaires sont-elles un problème pour les rivières ?
Si l’on parle beaucoup de la mer et des coraux, l’impact sur les écosystèmes d’eau douce est tout aussi critique. Les lacs (surtout en altitude) et les petites rivières ont un volume d’eau limité. Les substances sont très peu diluées par les courants, et s’accumulent.
Les filtres solaires sont souvent des corps gras qui restent à la surface de l’eau. Ils peuvent empêcher les échanges de gaz (oxygène) entre l’air et l’eau, asphyxiant les micro-organismes.
Dans un lac de montagne ou une rivière comme le Chéran où l’eau se renouvelle lentement, en particulier lorsque les débits d’eau sont beaucoup moins importants, les résidus de crème, de savon et même de transpiration s’accumulent pendant tout l’été, créant une pollution chimique invisible.
Toutes les crèmes ne se valent pas, mais aucune n’est totalement neutre :
Certaines molécules (comme oxybenzone ou l’octocrylène) présentes dans les crèmes à filtre chimique sont des perturbateurs endocriniens pour la faune aquatique. Elles peuvent bloquer la croissance des algues perturber la reproduction des poissons et des amphibiens.
Comment se protéger du soleil sans polluer ?
- Favorisez la protection textile : c’est la seule solution 100 % écologique. Un t-shirt anti-UV ou un chapeau peut réduire de 80 % la surface de peau à protéger avec une crème.
- Appliquez votre crème au moins 20 à 30 minutes avant d’entrer dans l’eau. Cela permet au produit de pénétrer la peau plutôt que de se dissoudre immédiatement au contact de la rivière.
- Privilégiez les crèmes sans nanoparticules (mention « non-nano ») et justifiant de labels tels que Cosmebio ou Ecocert. Évitez les sprays, qui dispersent du produit directement sur le sol et les plantes.
- Évitez la baignade en lac d’altitude : ces écosystèmes sont trop fragiles. Un simple plongeon peut introduire une dose de polluants que le lac mettra des mois à éliminer.
Même si la tentation est grande et que vous voyez d’autres personnes se baigner, évitez les baignades dans ces lacs. Elle est d’ailleurs réglementée dans la plupart des cas. Par exemple le lac de La Thuile où la baignade est interdite.
Crédits photo : Gustave Cipière, Christine Haas, Milo DESSEUX

















