Le mercredi 5 avril, le Parc a réuni dans ses locaux les différents représentants des stations de montagne du massif des Bauges (Aillons-Margériaz, Savoie Grand Revard, le Semnoz et la Sambuy).
Les directeurs des stations, les agents techniques des collectivités et les présidents des remontées mécaniques ont répondu présents à cette journée de travailqui s’inscrit dans le cadre du programme Avenir Montagnes, financé par l’Etat; l’occasion de réunir cesacteurs locaux qui ont l’habitude de se côtoyer dans leurs stations respectives, mais qui ont rarement l’opportunité de se retrouver pour travailler collectivement.
L’objectif de cette journée était de les accompagner à préparer l’avenir des stations et de réfléchir aux manières d’adapter leurs activités aux évolutions du territoire.
Deux thématiques ont été traitées spécifiquement : le renforcement de l’attractivité des stations pour accueillir les saisonniers et la possibilité de développer le modèle économique du ski de randonnée.

Renforcer l’attractivité des stations pour attirer davantage les saisonniers

Bien qu’il s’agisse d’un point central de l’organisation structurelle des stations de montagne, le constat est sans appel  : il est de plus en plus dur pour les stations de recruter du personnel saisonnier. Pour répondre à cet enjeu, les participants se sont penchés sur plusieurs possibilités innovantes.

  • La mise en place de contrats de travail pour « pluriactifs »
    Frederic Bochet, directeur du Groupement d’employeurs des entreprises industrielles en Savoie pour l’Insertion et la Qualification (GEIQ) est venu présenter un modèle innovant de contrat. En effet, il s’agit d’un contrat à durée indéterminée qui permet à une même personne d’exercer plusieurs activités professionnelles (ex : pisteur durant l’hiver et garde champêtre l’été). Cette solution permettrait de remplacer les CDD été/hiver actuels, et de pérenniser les postes au sein des stations. Cela permettrait donc à ces travailleurs « pluriactifs » de s’installer de manière durable sur le territoire et de contribuer à son développement sur le long terme.
  • Améliorer l’accès au logement pour le personnel des stations
    L’attractivité des saisonniers est étroitement liée à l’accès aux logements. En effet, la location immobilière, de plus en plus onéreuse en station, est bien souvent un frein pour ces salariés. Certains candidats sont obligés de refuser des contrats faute de logements décents et adaptés à leur rémunération. Pour traiter cette thématique, nous avons reçu Claire Belet, de l’association des ADRETS et spécialiste sur des questions de gestion immobilière en station. Différentes stratégies ont donc été présentées pour maîtriser l’immobilier de loisir en station et à terme conserver un maximum de lits « chauds » (les lits « froids » étant des lits inexploités au sein des stations, non-occupés pendant la plus grande partie de l’année hormis pendant les quelques semaines d’afflux touristique. Ex : résidences de tourisme, secondaires, etc.).

Les participants ont aussi réfléchi aux autres actions que les stations pourraient mettre en place afin de mieux accueillir leur personnel. Différentes pistes ont ainsi été étudiées et plusieurs propositions formulées, comme par exemple la conception d’un « guide d’accueil » pour les nouveaux arrivants, ou encore la création d’une association pour dynamiser le réseau des saisonniers sur les 4 stations.

Le ski de randonnée : futur modèle économique pour les stations ?

L’après-midi, les débats ont tourné autour du modèle économique du ski de randonnée en station. Actuellement, le ski de randonnée est organisé dans les stations de manière à éviter les conflits d’usage : des parcours balisés concentrent les flux des pratiquants à la périphérie des domaines skiables et ces itinéraires permettent d’éviter les collisions avec les skieurs alpins qui, eux, dévalent les pistes à la descente. Rédigé par un groupe de chercheurs, le livre « Le ski de randonnée brouille les pistes » propose d’utiliser cette discipline comme un levier pour redéfinir la station. Selon ces chercheurs, cette activité est une opportunité pour faire transiter les stations vers de nouveaux modèles économiques. En effet, le ski de randonnée a l’avantage de pouvoir faire expérimenter aux clients de nouvelles sensations de la montagne, plus orientées sur les milieux naturels et/ou l’effort physique. L’activité est aussi l’opportunité de créer de nouvelles offres en station, moins dépendantes des grosses infrastructures touristiques (ex : remontées mécaniques) et plus adaptables aux conditions climatiques.

Pour alimenter les débats, les participants ont eu la chance de recevoir quatre des chercheurs pluridisciplinaires ayant rédigé l’ouvrage : Véronique Reynier, socio-psychologue et à l’initiative d’une étude sur le profil des skieurs de randonnée ; Clémence Perrin Malterre, sociologue et spécialiste des rapports qu’entretiennent les pratiquants de pleine nature avec la faune sauvage ; Dominique Kreziac, chercheuse en marketing et à l’origine de différentes propositions d’innovations sur l’offre au sein des domaines skiables ; et enfin, Jean-François Joye, professeur en pointe des réflexions sur le droit public appliqué à la discipline.

Cette journée de travail a permis à l’ensemble des acteurs d’ouvrir le champ des possibles concernant le futur des stations, et d’explorer de nouvelles pistes d’adaptation.
Un pas supplémentaire pour créer le massif des Bauges de demain : un massif accueillant et résilient.

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