L’agriculture du massif des Bauges est dominée par l’élevage laitier (principalement bovin lait et caprin), organisé autour des filières en Appellation d’Origine Protégée (AOP) : Chevrotin, Abondance, Reblochon et Tome des Bauges (dont le terroir est entièrement dans le Parc) et Indication Géographique Protégée (IGP) : Tomme de Savoie, Emmental de Savoie, Raclette de Savoie. Près de 400 exploitations d’élevage sont recensées dans le Parc, structurées autour de coopératives laitières et d’ateliers de transformation fermière (produits laitiers et viande). En plus des systèmes laitiers, on trouve aussi quelques éleveurs de volailles, d’équins et d’ovins.

Une agriculture dynamique représentant un poids économique majeur sur le territoire

Près de 90% des surfaces agricoles du Parc sont en herbe. Cela s’explique par les contraintes climatiques et topographiques du massif des Bauges, qui conduisent à une fragmentation des modes d’alimentation des troupeaux dans le temps. Durant la longue période hivernale (6-7 mois), les troupeaux sont en stabulation. Les systèmes locaux se sont donc spécialisés dans la culture de l’herbe : prairies permanentes et temporaires sont mobilisées pour constituer un stock fourrager via la fauche notamment. En intersaison, les troupeaux peuvent bénéficier de la présence de zones intermédiaires ; avant la période estivale durant laquelle les alpages prennent le relais : on compte 118 unités pastorales pour un total de 6 054 ha sur le massif. Comme d’autres massifs savoyards, les Bauges sont tournées vers la transformation fromagère en alpage. Les chalets d’alpage sont donc aussi parfois des lieux de vente, d’accueil et d’échanges. Une quinzaine d’arboriculteurs valorisent leur production au sein de l’IGP Pommes et Poires de Savoie. A ces productions phares, il faut ajouter une grande diversité de petites filières, telles que des productions de safran et plantes aromatiques et médicinales, un grand nombre de petits apiculteurs et quelques apiculteurs professionnels, des maraîchers, des horticulteurs…

La filière viticole tient également une place prépondérante en Combe de Savoie. Il s’agit de la deuxième orientation économique du massif après l’élevage bovin lait, avec une centaine de viticulteur, transformant leurs raisins au caveau ou à la coopérative en AOP Vins de Savoie. La vigne est installée sur les coteaux ensoleillés et les fonds de vallée sont occupés par les pépinières viticoles, réputées dans la monde entier.

Les signes de qualité, la diversification et les circuits courts sont fortement présents dans le paysage agricole des Bauges. En plus, de la moitié des exploitations agricoles engagées dans des cahiers des charges AOP et IGP, plus de 12 % le sont en Agriculture Biologique.

Des objectifs et des axes de travail fixés par une Charte de territoire

La nouvelle Charte du Parc donne les axes de travail pour les 15 années à venir (2023-2038) :

  • Axe 1 : Vers la pleine santé environnementale
  • Axe 2 : Vers la sobriété d’utilisation des ressources naturelles
  • Axe 3 : Pour un territoire singulier, accueillant et créatif

Pour atteindre ces objectifs, elle intègre notamment les grands enjeux agricoles du territoire et propose des pistes d’actions. L’équipe du Parc travaille sur ces questions et déploie des outils d’animation, de soutien financier ou encore d’expérimentation. Les actions sont toujours menés en collaboration avec les partenaires agricoles du territoire tels que la Chambre d’Agriculture Savoie Mont-Blanc, les services pastoraux, les syndicats de produits, les coopératives, entre autres… et avec une approche transversale avec les acteurs environnementaux, touristiques, habitants…

Agriculture et changement climatique : renforcer l’autonomie des exploitations, se protéger des aléas et ravageurs, accompagner les changements de pratiques et de techniques pour tendre vers une adaptation et une atténuation ou encore partager les expériences et expérimenter sur l’agroforesterie et le partage de l’eau.

Agriculture et paysage : soutenir les systèmes agropastoraux qui contribuent au maintien des paysages ouverts et font l’identité du territoire, préserver les terres agricoles via des outils fonciers et les avis émis sur les documents d’urbanisme, veiller à la prise en compte de l’intégration paysagère dans les travaux d’aménagement et notamment dans les espaces pastoraux via le Plan Pastoral Territorial (PPT). La multi-fonctionnalité des espaces agropastoraux est au cœur des enjeux d’aujourd’hui et de demain : ce sont des lieux de production, de biodiversité, de loisirs ou encore d’innovation.

Agriculture et biodiversité : le massif des Bauges est un terrain d’expérimentation historique en matière d’agroécologie. Dès les années 2000, les OLAE (Opérations Locales Agri-Environnementales), CTE (Contrats Territoriaux d’Exploitation) et autres CAD (Contrats Agriculture Durable) se succèdent.

En 2007, le Parc naturel régional du Massif des Bauges lance le concours « prairies fleuries » qui récompense l’excellence agroécologique pour un meilleur équilibre entre productivité et biodiversité des prairies naturelles, socles de l’alimentation des troupeaux du massif. Dès 2008, le Parc et l’INRA d’Avignon portent la création d’une Mesure Agro-Environnementale (MAE) expérimentale dite « prairie fleurie » : l’objectif est de proposer une approche innovante d’obligation de résultats, basée sur un nombre de plantes dans les prairies naturelles, et reconsidérant ainsi les savoir-faire agricoles dans le maintien de la biodiversité. La mesure sera finalement déclinée à l’échelle nationale jusqu’en 2022, et le concours des pratiques agro-écologiques pour les prairies et parcours fait désormais partie du prestigieux Concours Général Agricole depuis 2014.

Depuis 2015 l’agroécologie est encouragée au travers du Projet Agro-Environnemental et Climatique (PAEC) ; mais elle fait aussi l’objet de projets de recherche (CASDAR « Mobilisation collective pour l’agro-écologie). Objectif : préserver les habitats ouverts et semi-ouverts (prairies de fauche, alpages, pelouses sèches, prairies humides…) et ainsi protéger les populations d’espèces animales et végétales inféodées aux espaces agropastoraux, (Tétras-lyre, Chardon Bleu ou encore Azuré du Serpolet), gérer les sites Natura 2000…

Agriculture, alimentation et société : soutenir les filières de qualité (création en 2002 de l’AOP Tome des Bauges), développer les circuits courts, accompagner l’évolution des exploitations pour favoriser l’emploi, la transmission et la diversification des fermes, favoriser l’installation de nouvelles exploitations et de nouvelles filières, accompagner les agriculteurs face aux évolutions des attentes sociétales, agir pour une meilleure conciliation des usages en lien avec l’attractivité touristique et de loisirs du territoire

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