Le Parc naturel régional du Massif des Bauges est actuellement en cours de réévaluation de son label. Ce long processus, qui a notamment associé l’ensemble des acteurs du territoire pour l’écriture de la nouvelle « Charte » (véritable projet politique pour le massif), touche à sa fin.
L’enquête publique s’est achevée le 18 octobre : le projet final de Charte sera bientôt arrêté par les élus du syndicat mixte du Parc, puis examiné par le Ministère de la Transition Ecologique et de la Cohésion des Territoires, avant d’être soumis au vote des élus communaux courant 2024.
L’occasion de se pencher sur la question suivante : concrètement, qu’est-ce que le label Parc naturel régional apporte aux communes du territoire ?

Le Parc, un interlocuteur clé pour les communes

La première compétence que fournit le Parc aux communes, c’est son positionnement en tant qu’interlocuteur clé pour tout questionnement touchant au monde rural. « Une commune qui rencontre une problématique portant sur l’agriculture, la forêt, les patrimoines, l’environnement ou encore l’urbanisme, et qui ne sait pas comment agir ni vers qui se tourner, peut nous contacter directement », explique Jean-Luc Desbois, directeur du Parc. « Elle obtiendra ainsi une réponse technique, juridique ou sera facilement réorientée vers le bon interlocuteur. » Le Parc est la seule structure à proposer cette compétence aux communes. Il leur permet ainsi d’obtenir une première écoute et aide afin de résoudre les problématiques qu’elles peuvent rencontrer, d’autant plus que ces dernières s’avèrent être de plus en plus complexes.

Des compétences techniques et financières pour permettre aux communes de réaliser leurs projets

Le Parc accompagne les communes du territoire sur une multitude de projets spécifiques qu’elles souhaitent mener. « Il faut que ces projets s’inscrivent dans nos priorités d’action pour le massif et que l’on ait des programmes ouverts sur ces sujets », précise Jean-Luc Desbois. « Par exemple, si nous sommes contactés sur un projet de desserte forestière, nous pouvons guider la commune pour se tourner vers les organismes compétents, l’alerter sur les problématiques qu’elle va rencontrer et trouver des solutions, mobiliser des financements en fonction des programmes dont nous disposons et l’aider à monter techniquement son projet et à le mener jusqu’au bout. »

Ces projets peuvent porter sur différents thèmes, selon les champs d’action du Parc : préserver le cadre de vie et le paysage, concilier les usages sur le territoire, préserver les écosystèmes, accompagner la transition de l’agriculture, gérer durablement la ressource forestière, améliorer la visibilité du territoire en valorisant les patrimoines, etc. Ils peuvent également prendre de multiples formes : aménager un site de découverte, gérer un conflit d’usage, construire un projet d’urbanisme particulier, ou encore préserver et valoriser un site naturel, construire un projet éducatif pour l’école, restaurer un petit patrimoine, équiper un alpage, accueillir une diversification agricole ou touristique, etc.

Le Parc représente les communes du massif auprès des grandes instances

« Le Parc permet de faire valoir les problématiques et spécificités des communes du territoire auprès des intercommunalités, départements, commissariats de massif et auprès de la Région », explique Philippe Gamen, Président du Parc. « Nous exposons alors que les communes du massif des Bauges n’ont pas les mêmes problématiques qu’ailleurs, œuvrons pour faire venir des programmes sur le territoire, et pouvons même obtenir des décisions politiques sur des lois. C’est notamment le cas des prochaines évolutions de la dotation biodiversité, évolutions qui seront favorables aux communes et qui n’auraient pas pu avoir lieu sans le travail constant mené par les Parcs au cours de ces dernières années. La reconnaissance des services ruraux rendus par les communes, ce sont les Parcs qui l’ont portée. »

Autre exemple : la question de l’aménagement touristique en nature dans les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU et PLUi). En effet, un travail est effectué entre le Parc et les EPCI pour faire valoir certaines particularités communales, les traduire juridiquement auprès des intercommunalités et argumenter en faveur des communes. « Nous portons la voix des communes, avec la vision des problématiques rurales et de massif », résume Jean-Luc Desbois.

Des projets portés à l’échelle du massif et qui bénéficient aux communes

Le Parc porte également plusieurs projets à grande échelle : des projets pluri-communaux, voire même à l’échelle du massif entier. « Ces programmes ne sont pas directement en lien avec les communes, mais elles en tirent indéniablement des bénéfices », complète le directeur. « Par exemple, le label Géoparc : les offices de tourisme s’en servent, il s’agit d’une valorisation du territoire et d’un outil d’attractivité respectueux de notre patrimoine naturel. Autre exemple, l’agroécologie qui accompagne des pratiques d’agriculture vertueuses sur le territoire au bénéfice des agriculteurs : les communes ne voient pas forcément directement le travail qui est effectué, mais elles en bénéficient chaque jour. Tous les projets de conciliation des usages également, qui permettent un dialogue entre différents secteurs d’activité et préviennent des conflits : sur le Semnoz, par exemple, nous avons accompagné les communes dans la réalisation d’arrêtés municipaux et avons cherché à encadrer certaines pratiques. »

1 euro investi par le bloc communal = 19 euros de retombées sur le massif grâce à l’effet levier financier du Parc

Le bilan de la précédente Charte à montré à travers une analyse des financements de 2008 à 2018, que pour un euro investi par le bloc communal sur le massif, ce sont 19 euros qui sont mobilisés par le Parc sur l’ensemble du territoire.

Quelques actions qui ont pu voir le jour grâce à l’appui et au travail du Parc :

  • La construction de la cantine de l’école de Curienne, en bois 100 % local
  • La conception de panneaux de médiation pastorale à la Bouchasse, à Faverges-Seythenex
  • L’organisation de l’événement la Ronde gourmande, en partenariat avec le PNR de Chartreuse et la ville de Chambéry
  • La création de la plateforme d’observation de la tufière du Bontey à Plancherine
  • L’aménagement du Belvédère de Chantemerle à Marthod, grâce à un programme LEADER
  • La restauration de la petite église de Chevaline
  • Un appui à l’entretien et l’aménagement du Fort de Tamié à Mercury
  • La rénovation du musée de la vigne et du vin à Montmélian
  • L’accompagnement de Saint-François-de-Sales vers un tourisme « toutes saison » et centré sur la découverte de la nature
  • L’aménagement du sentier de découverte du tour du lac de Carouge, à Saint-Pierre d’Albigny
  • La requalification du refuge de Coutarse à Jarsy
  • L’aménagement du stade multisports et pumptrack à Aillon-le-Jeune, dans le cadre du programme Espaces Valléens
  • La création d’une table de lecture du paysage, sur le site de décollage de parapente à Vérel-Pragondran
  • Le versement d’une dotation biodiversité à 56 communes du Parc de plus de 300 000 euros
  • L’obtention du label Géoparc mondial UNESCO pour l’ensemble du territoire

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